Grâce à l’efficacité et à la réactivité des banques centrales et des gouvernements, la plus importante récession depuis la seconde guerre mondiale a été jugulée. Les différentes mesures qui seront encore mises en oeuvre cette année comme les investissements publics devraient continuer de soutenir l’activité économique en 2010 mais elles n’entraîneront pas les dépenses privées. Nous anticipons un recul de la consommation des ménages et une poursuite de la baisse de l’investissement au premier semestre 2010. Le PIB pourrait en conséquence à nouveau reculer mi-2010, ce qui portera la croissance à 1.1% en moyenne en 2010. C’est un rythme inférieur à celui que nous attendons en Allemagne, +1.6% en 2010 dans la mesure où le plan de relance allemand est concentré sur cette année là. La croissance en zone euro serait de 1.2% en moyenne en 2010.
La croissance devrait être un peu supérieure aux Etats-Unis grâce à la fin du recul de l’investissement résidentiel, à l’ampleur du plan de relance et à l’existence d’un multiplicateur plus efficace. Les pays émergents devraient, quant à eux, connaître une forte accélération de leur croissance en 2010, +6.2% après 1.5% en 2009. Toutefois, si les exportations confirmaient leur redémarrage, la Chine serait alors en surchauffe car la croissance du PIB dépasserait les 9.5% qu’HSBC anticipe pour 2010. Des risques inflationnistes apparaîtraient, pesant sur le pouvoir d’achat des ménages des pays développés.
Ces prévisions ne doivent pas masquer le caractère tout à fait exceptionnel de la situation économique actuelle ni les conséquences négatives de l’utilisation massive des politiques monétaires et budgétaires qui pèseront durablement sur la croissance des prochaines années. Le désendettement des acteurs privés ne pourra plus être compensé par celui de l’Etat qui devra réduire ses dépenses, le roi risque de se retrouver nu.